« Euh oui, pourquoi pas… »
Au début de nos formations « Communiquer avec impact et assertivité », nous demandons aux participants de raconter une situation récente où ils ont eu du mal à s’affirmer.
Personne ne cherche très longtemps !
Nous trouvons de multiples moyens afin de ne pas nous positionner clairement avec de nombreuses raisons à cela : éviter un conflit, ne pas décevoir, manquer de temps de réflexion …
et souvent nous le regrettons le jour même… devant un agenda qui déborde, une émotion non exprimée, une situation qui perdure, des idées ruminantes,…
Il y a de nombreuses occasions de ne pas être assertif, et tout dépend de notre relation au contexte : la réunion où nous n’osons pas donner notre avis, la demande de trop que nous acceptons quand même, la décision difficile qu’il faut annoncer à notre équipe et que nous repoussons à la semaine prochaine…
La non assertivité, c’est aussi ne pas dire clairement NON… et quand vous dites oui, à quoi dites-vous non ?
À vos priorités ? À votre équipe ? Parfois à vous-même…
Être assertif, ce n’est pas devenir dur ni « savoir s’imposer ». C’est trouver la voie entre prendre sur soi et passer en force, en se respectant soi-même et en respectant l’autre.
Etre assertif est être capable de s’exprimer ou se positionner (idées, besoins, droits…) de manière claire, respectueuse et directe tout en respectant l’autre, ses besoins et ses positions.
Ça commence par dire « Je » ou « Nous » à la place du « On »
– Dire « je », c’est assumer ce que je pense, ce dont j’ai besoin, ce que je ressens : « Je ne suis pas en phase avec ce planning, j’ai besoin de deux jours de plus pour terminer avec la qualité attendue. »
C’est plus impliquant… et souvent beaucoup plus clair.
Et ça ne se joue pas que dans les mots !
Nous pouvons avoir la phrase juste, mais si nous la disons les épaules rentrées et d’une voix hésitante, le message ne passe pas.
Pour cela, en formation, nous travaillons la conscience du corps, l’ancrage, la respiration et la posture.
Il faut que la tête, le cœur et le corps s’alignent pour passer le même message !
Un « non » posé calmement, avec un argument simple et, si possible, une autre option, abîme rarement une relation.
Un ressenti exprimé vis-à-vis d’un fait n’abîme pas la relation, si il est donné en parlant de soi ou des implications sans présuppositions sur l’autre.
Ce qui abîme la relation dans la durée, c’est de dire « Euh oui, pourquoi pas… »… quand, en réalité, ça nous dérange ou de ne rien dire quand nous aimerions tant exprimer quelque chose d’important !
A méditer !